NM2: JSA/GAB – Le Face à Face DARRIGAND contre DARRIGAND

(article du Républicain du 24.11.16)

À chacun sa destinée. Ironie du sort, en 20 ans de carrière bien tassée, les routes des frères Darrigand se sont séparées sans jamais jouer ensemble ni se rencontrer. Oops, pardon, juste une fois, c’était en amical à Meilhan. Un match de préparation (été 2014), à l’orée d’une nouvelle
saison. Comme quoi, il ne faut jamais dire jamais… Mais bon, ça n’a rien à voir avec ce qui se trame samedi soir, au Palais des sports de Bordeaux. Cette fois,les frangins s’affrontent pour de vrai et non pour un match gigotharicots. En toile de fond, la formation girondine, invaincue sur son parquet, entend le rester. Dans la perspective de consolider sa place de n° 2 derrière l’intouchable (du moins pour l’instant) Golfe Juan Vallauris. Qu’on le veuille ou non, la forte tentation de vivre des play-off en mai prochain anime cette rencontre peu ordinaire.

Les étrangers rétablis aux JSA
Précédemment, le BB Marmandais et Gardonne ont démontré qu’il pouvait y avoir des failles dans le dispositif des JSA. Méfiance dans la comparaison, tout au moins pour le dernier match, les troupes de Christophe Henry étaient privées de trois joueurs, dont deux recrues majeures : le Serbe Milan Trtic (poste 3/4) et le Lituanien Henrikas Vorotnikovas (poste 5) seront là et bien là contre le GAB. Le seul absent à l’appel étant Jorys Ortega, le fils du père bien connu par chez nous, Christian.
Appelé au chevet des JSA moribonds en février, l’ancien entraîneur marmandais s’était débattu en vain pour tenter de sauver ce qui était encore possible. La Nationale 1, c’était donc hier, la Pro B c’était en 2011-2013.
Et on peut comprendre que le club cher au président Boris Diaw, ayant conservé son statut professionnel pour cette saison, n’ait pas du tout le désir de faire de vieux os dans cette division…
Christophe Henry a cru qu’il verrait un jour la Nationale 1 avec Brissac-Aubance, or, l’aventure s’est brutalement interrompue au stade des quarts de finale… Le nouveau coach a bon espoir d’y parvenir à Bordeaux !
Le duel entre les frangins Darrigand constitue une des clés du match. Une fois qu’ils se seront claqués la bise, croyez bien que l’aîné Gauthier (34 ans) et Florian (30 ans) n’iront pas par quatre chemins pour se faire les pires misères. C’est la compétition, pas question d’avoir des états d’âme.

Les frangins se croisent enfin.

C’est un match dans le match entre meneurs de jeu et capitaines respectifs des JSA Bordeaux et Garonne AB.« À part le poste et nos débuts dans les arènes de Pomarez que nous avons en commun, Gauthier, lui, a fait carrière dans le basket. Le centre de formation de Pau l’a lancé. Moi, je n’ai pas eu cette chance, j’ai continué mes études », explique Flo.

Depuis cinq ans, il fait les beaux jours du GAB. Ça fait 10 ans que le Landais (Serres-Gaston, Hagetmau) sévit en Nationale 2.
« C’est le genre de joueur que tout club rêve d’avoir. Il n’a jamais été pro, mais dans son approche, c’est tout comme », estime le président Serge Casagrande.
De son côté, Gauthier a connu la Pro A à l’Élan Béarnais Pau-Orthez, Clermont, Strasbourg. Plus ancien de tous aux JSA Bordeaux, il fait figure de leader naturel. En juin 2017, il arrivera au terme de son contrat pro. « L’envie est forte pour qu’on puisse au moins jouer ensemble une saison », lâche Florian.
Un projet familial et sportif que Serge Casagrande aimerait bien satisfaire. Le président du GAB a plusieurs fois relancé le joueur bordelais.
Alors, samedi soir, au Palais des Sports, on veut croire que l’enjeu vaudra le déplacement. Curieux, Gauthier Darrigand a joint l’utile à l’agréable. Le capitaine des JSA était dans la salle meilhanaise l’autre samedi pour assister à la fin de match convaincante du GAB devant Toulouges. « Il est malin. Je veux bien croire qu’il soit venu me voir jouer. Mais il est venu aussi en espion », ironise Flo.
Rencontre à laquelle n’avaient pas participé Jean-Felix Moupegnou (out depuis la 3e journée) dont le retour serait jugé prématuré selon l’intéressé, et Thomas Larrouquis, victime d’abord d’une blessure au genou, puis touché aux adducteurs, tout ça en l’espace de trois mois !
L’ancien pro de Cholet sera – on l’espère – remis sur pied dans la semaine et enfin libéré de tous ses pépins physiques. Alors, le GAB sera-t-il dans un grand soir pour contester l’invincibilité des Bordelais ?
Ce grand rendez-vous coïncide sans le vouloir avec l’arrivée inattendue d’un nouvel entraîneur (voir page suivante).

« Une victoire serait un grand coup »

« Sur le papier, le match paraît équilibré. Les JSA présentent un groupe compact, besogneux. Défensivement, c’est costaud. Leurs joueurs sont expérimentés. Mais nous aussi, on dispose de joueurs qui ont pratiqué au-dessus de la Nationale 2 », confie Florian Darrigand.
En particulier deux anciens de la « maison bordelaise », à savoir le généreux Yannick Gaillou « pigiste » en 2014-2015 et Aurélien Caille qu’on aimerait voir mettre en charpie son ancien club. Sans oublier bien sûr Mantcha Traore, Thomas Larrouquis, Moses Mubarak.
Si par le passé le GAB brillait plutôt dans le « Chaudron », paradoxalement, c’est à l’extérieur, pour l’instant, que son comportement semble indiquer une autre liberté d’agir sans subir une pression comme c’est le cas à domicile, l’obligeant davantage à être en situation de réaction.
« On est conscient qu’on a brûlé deux jokers à Meilhan. À Bordeaux, on va s’attaquer à plus fort que Valence/Condom, Toulouse, Pau, où on est allé s’imposer. Si la victoire nous sourit samedi soir, on pourra dire qu’on vient defaire un grand coup. »
Dominique EMPOCIELLO